FOCUS – YES ! THERE ARE GIRLZ IN ANONYMOUS

Règle n°30 de l’Internet, misogynie des hackers, machisme d’Anonymous, voilà ce qu’on pourrait facilement écrire et puis ce serait tout, on s’arrêterait là, on aurait plié la question.

On répondrait à ceux qui disent qu’il y a des filles sur Internet et qu’elles ne sont pas obligées de montrer leurs seins (TITS or GTFO ou plus poli MFTW) : ce sont des exceptions, les médias les représentent belles, brunes, punks ou tatouées/piercées mais qu’en fait, elles sont juste avec des mecs qui hackent ou que ce sont des trolls. Que le code et les machines c’est des trucs d’homme, etc.

Mais on passerait pourtant à côté de plein de trucs qui font que non, ça ne rentre pas dans la case trop carrée faite pour ça, que ça déborde et que ça fuit de partout comme dirait Deleuze.

D’abord, il faudrait reprendre les convergences philosophiques sur l’identité (pas seulement sexuelle) que portent les Internets (anonymat, pseudonymat, personne ne sait que vous êtes un chien, mais pas non plus une femme) et aussi le caractère ontologiquement dépassé de la problématique de l’identité sexuelle dans le cyberespace et vis-à-vis de l’éthique hacker (bon pour le meatspace et les relations sexuelles cette information, relire le papier d’Okhin à ce sujet). Mais là encore peut être qu’on aurait pas fait le tour de la question non plus.

 

Donc, il faudrait chercher les hackeuses qui sont à l’œuvre depuis toujours (Ada Lovelace et Susan Headley, alias Susan Thunder par exemple, Susanne Schmidt, Agnese Trocchi, Diana McCarthy, Esther Schneeweisz, alias Astera…), mais aussi celles qui s’impliquent dans des actions hacktivistes qui ne relèvent pas du code ou de l’informatique : les Anonymiss, même si elles ne font pas l’unanimité mais qui “sont le ying du yang Anonymous” et les OpBlueBra qui hackent l’économie de l’attention en focalisant sur l’identité sexuelle féminine, celles qui traduisent, qui montent des vidéos, qui font la maquette de Vox dont les contributions sont déterminantes…

 

 

 

Agnese Trocchi participe au réseau telestreet, qui brouille notamment les fréquence télé en Italie afin de plomber le monopole de Berlusconi.  L’action la plus spectaculaire d’Agnese a été de diffuser gratuitement un match payant dans tout son quartier.

"Cela fait dix ans que je travaille dans ce domaine, j’organise des ateliers, je transmets ce que je sais pour permettre aux autres de créer de nouvelles réalités. C’est pour cela que je participe au réseau Telestreet, il faut partager le savoir, développer de nouveaux langages, de nouveaux moyens de communication et créer de nouvelles réalités. Je crois que c’est une approche féminine." source

 

« Les images de la jeune égyptienne violemment battue par des soldats du SCAF ont choqué des millions de personnes de par le monde. Les militaires l’ont déshabillée avant de la tabasser, ce qui lui a valu d’être surnommée « Blue Bra Girl » (soutien-gorge bleu) par les médias – tout un symbole.

Le blog «  Blue Bra Girl » a été créé par le collectif AnonTranslator en vue d’y publier des textes traitant de la condition des femmes en Égypte, et dans tous les pays dans lesquels la condition féminine est bafouée quotidiennement, ainsi que des photos envoyées par des contributeurs anonymes ou non. »  Source

 

Mais ce n’est pas tout, on sait que les sexes ont des usages différenciés aussi dans les technologies et les contenus/services offerts par Internet (les réseaux sociaux sont plus féminins… alors que 4chan et reddit sont plus marqués par la testostérone). Le changement de nature de l’hacktivisme qui est actuellement en cours préfigure une féminisation structurelle à venir. Car plus Anonymous se démocratise et devient grand public, même si cela n’est pas du goût de tout le monde, plus il est proche de ce qu’il a toujours été dans l’esprit – une idée, une bannière -, et plus il peut se féminiser et plus il se féminisera, car il sortira du code, du hardware, de la technique.

De la même façon, la contamination par l’éthique hacker de la production et de la fabrication (FabLab) replace aussi les femmes, moins dirigées vers les sciences et techniques pour des raisons bien connues (relire Bourdieu, entre autre, pour se le rappeler), au cœur du système car l’autoproduction et les imprimantes 3D leur donneront une nouvelle occasion de prouver que leur identité sexuelle n’est pas discriminante, ni dans un sens ni dans l’autre.

 FBardeau

Une réflexion sur “FOCUS – YES ! THERE ARE GIRLZ IN ANONYMOUS

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