Twitter sous la censure

Une nouvelle mesure du gouvernement embrase les réseaux sociaux depuis cette fin de semaine : Fleur Pellerin souhaite donner la possibilité à des associations de faire censurer du contenu jugé illicite sur Twitter.
En effet, afin de répondre à la création de hashtag douteux, plutôt que de les laisser dans l’ombre et s’éteindre d’eux-mêmes comme c’est bien souvent le cas sur ce réseau, notre chère ministre n’a pas trouvé mieux que de mettre la lumière sur ces « mot-dièses » ce qui eut l’effet pervers de les nourrir et les faire perdurer. Il n’en fallut pas plus pour que certains médias en fassent leurs gros titres en jetant en pature l’oiseau…

twitter-censureLa réponse pour contrer ces dérives n’est pas l’utilisation de la loi pourtant suffisament fournie en la matière… Non ! On décide ni plus ni moins de confier un action de censure à des associations (lesquelles ?) pour censurer des contenus dérangeants (lesquels ? sur quels critères ?).

Nous voici donc revenus en 1544 où l’Église décidait quel livre pouvait ou non être publié ?
Sommes-nous revenus sous l’Ancien Régime où sous Louis XVI, 160 lecteurs devaient relire chaque livre ou article de presse pour autoriser sa diffusion ?

Malheureusement pour notre Ministre, non ! Depuis, la Révolution de 1789 est passée par là, nous laissant en héritage la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Dans notre cas, l’article 11 de cette déclaration est le plus adapté pour faire comprendre à nos « dirigeants » qu’ils font fausse route : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme ; tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas prévus par la Loi« .

Au fil des années, notre justice s’est enrichie en contenu avec notamment les Codes Civil et Pénal qui permettent de légiférer sur ces éventuels abus.
C’est à la justice de décider si un contenu est licite ou non, s’il porte atteinte à autrui ou non. Personne ne peut demander sans décision de justice de faire retirer une publication, juste parce que cela la dérange. Cela s’appelle de la censure et a priori une atteinte à la liberté d’expression.

Cette affaire « Twitter » démontre par la même occasion la méconnaissance des réseaux sociaux (d’internet en général) et l’inadéquation des réponses à leur fonctionnement. Internet et les réseaux sociaux qui le composent se régulent par eux-mêmes. Alors, Madame Le Ministre, au lieu de mettre au jour des hashtag, la prochaine fois, n’en parlez pas et vous verrez qu’ils disparaitront aussi vite qu’ils sont apparus !
Cela vous laissera peut-être du temps pour répondre clairement à nos confrères de Reflets sur le dossier dérangeant d’Amesys… Ah oui ! nous avions oublié : #spavou
Article inspiré de @bluetouff : https://bluetouff.com/2013/02/09/des-milices-associatives-pour-faire-la-police-sur-twitter/
Plus d’informations sur la censure : Vox 4 Spécial censure

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