Censure moderne

Image auto-censurée par Benetton suite à des pressions du vatican

Image auto-censurée par Benetton suite à des pressions du vatican

La Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée par les Nations Unies le 10 décembre 1948 définit l’accès à l’information comme un droit inaliénable (tout en respectant la loi du pays… lol).

Cette notion est donc étroitement liée à la liberté d’expression. Impossible d’accéder à l’information sans liberté de s’exprimer, et inversement.

La liberté d’expression est d’ailleurs l’un des socles de la philosophie politique selon Spinoza. Mais la censure est la limitation arbitraire par le gouvernement de la liberté d’expression. Comment est-il possible de parler de démocratie si l’un de ses fondements même est contrôlable par ceux qui ont à le craindre ? Comment se défendre d’ éventuels abus étatiques que les lois protègent ? Qui sont-ils pour déterminer que tel livre, tel écrit ou tel film est contraire aux «bonne moeurs» ? Vous ne pensez a priori pas comme vos parents ou votre voisin, votre «Morale» n’ est donc peut-être pas la même que la leur. Ce qui est logique puisque la société évolue, donc les moeurs aussi. Sommes-nous dans un débat sans fin ? Pas tant que ça !

Heureusement pour nos esprits tourmentés, le système financier est là pour trancher la question. Mais que vient faire l’argent dans tout ça ? C’est pourtant très simple ! Prenons l’exemple de la presse : un journal ne publiera jamais une enquête brulante dont le sujet serait son principal actionnaire, au risque de se voir couper les vivres.

C’ est bien là un phénomène très vicieux : l’ autocensure. La presse, sensée être libre, se met elle-même des oeillères pour rester dans le « politiquement correct » vis-à-vis de ses investisseurs mais aussi de ses clients.
Cette autocensure est présente dans le choix des sujets mais aussi son orientation, le mode de rédaction ou le type de questions posées lors d’une interview.

Ce phénomène l’ est également dans la musique dans le choix des artistes et/ou chansons par les maisons de disques, les éditeurs dans les oeuvres qu’ils publient, les oeuvres exposées par un musée, les films diffusés…

Les éditeurs, artistes ou diffuseurs s’autocensurent aussi pour éviter d’éventuelles poursuites. Il existe actuellement en France plus de quatre-cents textes de loi pour transiger et éventuellement censurer. Et souvent, ce n’ est pas une interdiction de parution qui est décidé mais des dommages-intérêts, astreintes et/ou amendes. Encore et toujours l’argent pour brider la liberté d’expression !

Cet état de fait conduit invariablement vers une baisse de qualité, une uniformisation du contenu diffusé mais surtout à une perte de visibilité pour certaines informations ou certains mouvements d’opposition. Anonymous, par exemple, n’ est que très rarement diffusé par les médias de masse et s’ils le sont, ils sont quasiment toujours présentés comme le « collectif de hackers ». Or, nous savons qu’Anonymous n’est pas que ça !
Naturellement, les citoyens ont envahi Internet et exprimé leurs idées, leurs mécontentements, leurs oppositions…

Internet est capable du pire comme du meilleur. Internet est un fabuleux outil pour la liberté d’expression, outil qui se gère par lui-même mais que les gouvernements et compagnies privées tentent de museler.

Régulièrement, un nouveau projet, traité ou loi, fait son apparition dans le monde. Anonymous, mais aussi de nombreuses associations, surveillent et agissent pour informer, alerter et combattre tout projet qui se voudrait liberticide.

Cependant, un constat de Reporters Sans Frontières (RSF) fait froid dans le dos :
le classement de la liberté de la presse. La France, 11e du classement général en 2002, arrive à la 44e place en 2010 et a même été placée sous surveillance en 2012.

Cette position dégradée de la France n’augure rien de bon pour l’ avenir de la liberté d’ expression, mais nous ne devons pas oublier que nous en sommes les premiers responsables en laissant les médias de masse prendre autant de place, diffusant des informations tronquées ou en omettant d’autres, et laissant les intérêts financiers fermer des média alternatifs comme nous l’avons vu récemment avec OWNI.

Il nous faudra être vigilant sur la question du « contrôle » d’Internet qu’on va tenter de nous imposer pour des raisons de sécurité, protection ou encore prévention.
Pour contrôler ce que nous lisons et/ou publions, la technique des Deep Packet Inspection (DPI) s’introduira sur tout le contenu circulant sur le web et les diffusions jugées génantes, immorales, terroristes ou autres pourraient être supprimées.

Souvenez-vous début janvier, Free a décidé sans prévenir de bloquer la publicité sur les pages visitées par ses abonnés. Ceux-ci n’étaient même pas informés de la modification du contenu qu’ils lisaient. Cette décision prise par Free, plus pour agir contre Google, démontre tout de même que votre fournisseur d’accès peut agir comme il l’ entend sur les pages que vous visitez. Ce fût là pour de la publicité. Et si demain, c’étaient des articles entiers qui disparaissaient ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s