Introduction

6a00d8341c609053ef0133ef50b57e970b-800wi« Je suis Netocrate », « la Netocratie va renverser le capitalisme », « les Hacktivistes sont des Netocrates », « la Netocratie va rendre possible une nouvelle démocratie  », « Bienvenue à la Netocracy »….

Voilà le genre de phrase que l’on peut lire ou entendre de temps à autre dans les médias, plus particulièrement sur le Net dans la blogosphère ou au travers des médias alternatifs. L’idée de netocratie devient peu à peu une sorte d’étendard sous lequel on croit pouvoir placer les hacktivistes, les super geeks qui maîtrisent le web, et tous ceux et celles qui changeront le monde en quelque chose de meilleur via les nouvelles technologies de communication. Bien qu’il soit tout à fait louable que des gens cherchent à se reconnaitre entre eux dans une lutte contre les injustices et les différentes dérives de notre monde actuel, ce drapeau qu’ils tendent bien haut, ce « vive la netocratie », « vive la nouvelle élite anti-capitaliste », cette « démocratie 2.0 » ou « 3.0 » ou « 13.0 » tant qu’on y est, est peut-être le prélude d’un grand péril, le péril de nos futures sociétés. Car l’idée de la Netocratie telle qu’elle apparaît de plus en plus dans les médias prend ses ressorts sur le socle d’une profonde méprise. Certes, la Netocratie est l’émergence dominante du nouveau paradigme informationnaliste qui se met en place ; certes cette netocratie, dans son principe même, mettra fin au capitalisme (ou en tout cas prendra le dessus sur lui).

Mais non, disons-le tout de suite, la netocratie n’est pas le socle d’une démocratie plus saine ; non, la netocratie ne s’incarne pas dans l’hacktivisme actuel, bien au contraire. La netocratie repose sur la loi de la jungle, la loi du plus fort; le plus fort étant celui qui a accès à l’information et qui se l’approprie ou la manipule pour maintenir le faible, le consumtariat, dans sa cellule capitonnée qu’est la consommation.

    Nous voulons dans cet article revenir à la source même de l’idée de netocratie, reprenant ce texte incroyable et passionnant d’Alexander Bard et de Jan Söderqvist, Les Netocrates, qui théorisent et analysent cette nouvelle classe dominante que certains interprètes ont vite fait de transformer en immense fourre-tout (notons d’ailleurs que pour le moment, ces deux auteurs sont les seuls théoriciens de cette netocratie, d’où l’importance de lire -de vraiment lire- le livre pour comprendre les mécanismes et les problèmes liés à l’idée netocratique). Car la méprise est bien là : les interprétations actuelles de la netocratie reposent sur une lecture naïve et partielle du livre des deux futurologues.  Les conséquences de cette lecture erronée, conséquences que nous commençons à entrevoir dès maintenant, peuvent être dramatiques pour les médias, pour les activistes en tout genre, et bien entendu pour les hacktivistes qui risquent de se retrouver progressivement pris en otage dans une idéologie répugnante à visée élitiste et dominatrice.

    Ce long article sera aussi un prétexte pour réfléchir à ce que peut devenir la démocratie sous cette nouvelle ère, et à mieux saisir et comprendre les nouveaux préjugés de notre époque telle que le culte de la transparence et de l’information, la mort de l’individu et de l’humanisme ou la fin du capitalisme.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s