Introduction

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« Ils mènent le monde. Vous ne le savez pas encore…
Par-delà le bien et le mal, dans une complète indifférence aux positions idéologiques périmées et aux clivages intellectuels fossilisés, Les Netocrates posent les jalons de la plus intense et plus rapide évolution que l’humanité ait connu depuis ses origines.
Vous avez le choix :
enfouir la tête dans le sable ou lire Les Netocrates.
Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) changent notre vie. Pour les tenants de la net-économie, il s’agit avant tout d’une nouvelle façon de vendre des biens et des services. Oubliez ces analystes à courte vue. Les NTIC amorcent une mutation historique, une rupture de civilisation, une nouvelle ère. La politique, l’économie, la société, les modes de pensée ne seront plus jamais comme avant.
En passant de l’imprimé et des médias de masse à l’interactivité et au multimédia, notre culture négocie un virage majeur, comparable à celui qui vit le féodalisme supplanté par le capitalisme. À l’époque ont émergé le capital, l’État-nation, les masses, les idéologies modernes. Le paradigme a changé : désormais, l’information et l’attention sont au cœur de la création de valeur et de tendance. Les aristocrates dominaient la terre et les serfs ; les bourgeois captaient l’argent et les moyens de production. Au XXIe siècle, les nouveaux maîtres du monde qui émergent sont les Netocrates, la nouvelle élite de l’après-capitalisme.
L’État-nation, la démocratie, l’égalitarisme, l’académisme et le prestige universitaire, l’humanisme et le bien commun, le progrès et la réalisation de soi… toutes ces belles idées vivent leurs dernières heures. Elles ne vont pas disparaître du jour au lendemain, mais elles se dissolvent dans une lente indifférence. Le pouvoir se déplace des moyens de production, des chaires universitaires ou des cabinets parlementaires à la capacité de tri, de production et de manipulation de l’information. Les Netocrates achèvent la réalisation historique de l’individualisme et font émerger l’ère des réseaux sélectifs.
Telles sont quelques-unes des leçons roboratives que nous donnent Alexander Bard et Jan Söderqvist dans Les Netocrates, best-seller mondial déjà traduit en douze langues, enfin disponible pour le public francophone près de dix ans après sa première publication.
Assurément, vous ne sortirez pas indemne de votre rencontre avec Les Netocrates, une analyse totalement originale du concept de société de l’information, bien loin du mythe de l’Éden transparent et égalitaire promis par les pionniers d’Internet. À mesure que défilent les chapitres, vos certitudes les plus solides seront ébranlées. Et en fermant le livre, vous porterez un regard neuf sur l’époque. « 

« Assurément, vous ne sortirez pas indemne de votre rencontre avec Les Netocrates »  la présentation n’aura pas menti :
VoX n’est, en effet, pas sorti indemne de cette lecture, au points que nos rédacteurs aient voulu y consacrer tant de pages. Ce fut tant une lecture éprouvante, enthousiaste, dégoûtante, palpitante, écœurante, fatigante, formidable que nous ne pouvions pas passer à côté sans vous en toucher deux mots (un peu plus, il est vrai). Cette lecture permet d’éclairer notre présent, voire notre potentiel futur, ses menaces, ses joies à venir et VoX comme Anonymous ne peut que se sentir concerné par de telles réflexions, où Internet devient le dieu, ou du moins le point fictif, pour reprendre les termes des auteurs.

Attention, néanmoins.
Le terme de netocrate se retrouve sur le net, se voit flatteur, des blogueurs enfilent naïvement le costume de la future aristocratie et certains attendent l’avènement de la netocratie avec impatience. Nous espérons qu’ils n’ont pas lu le livre ou sont très mal informés sur la question.

« Selon Deleuze, la tache de philosophie est bien plus modeste [ que la quête totaliste d’une vérité universelle ] : elle doit créer des concepts fonctionnels qui aident les gens à s’orienter dans l’existence et les encouragent à faire de leur vie une œuvre d’art. » [les netocrates]

Avec les Netocrates, les auteurs nous proposent un essai de philosophie politique d’anticipation et, leur vision de l’objectif de la philosophie, est celle de Deleuze : par la création de cette classe de netocrates, ils créent ce concept fonctionnel, ils n’entendent pas poser une vérité universelle ; il s’agit, par la théorie qu’ils proposent, de clarifier le monde actuel et à venir, offrir un socle de pensées qui ouvre le débat, la réflexion et la « prévention » de certains futurs possibles. Pour parler vulgairement, ils ne disent pas « la netocratie c’est génial, c’est la société qu’il faut, foncez, devenez tous netocrates, les netocrates, c’est cool, c’est bien ». Le but est bien de commencer un dialogue, une réflexion poussée sur la façon dont les nouvelles technologies vont changer la société. Pas d’énoncer la façon dont le monde devrait être.

« Nous ne sommes pas des représentants de commerce : nous n’essayons pas de vendre l’Âge de l’Information aux consommateurs français, et nous ne faisons la promotion d’aucune idéologie. Nous affirmons simplement que ces changements arrivent, nous nous demandons pourquoi ils opèrent maintenant et pourquoi c’est une bonne idée d’essayer de les comprendre – pour ne plus être hors sujet. » Interview Chronic art

L’origine du livre Les Netocrates (conçu fin des années 90) prend ses racines dans la frustration de ses auteurs quant au débat public sur l’avenir numérique (teinté d’énormités idéologiques, déprimant…), dans la vision si erronée que portaient les patrons capitalistes (se résumant à internet = possibilité de faire de l’argent). Leur but était bien de stimuler le débat sur la réforme des institutions politiques et éducatives, comme sur la façon de faire face au futur.

Nous avons vu chaque jour le terme netocratie ou netocrate pris de travers, selon des interprétations parfois orgueilleuses, parfois dangereuses. Ces personnes savaient-elles de quoi elles parlaient réellement ? Quelle que soit la réponse, nous avons décidé d’évoquer le plus clairement et le plus objectivement possible la pensée des auteurs dans un premier temps, puis nous nous sommes permis d’élargir la réflexion sur les pistes lancées par Alexander Bard et Jan Söderqvist.

4 réflexions au sujet de « Introduction »

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