LA GROSSE ANNEXE

Au cours de notre recherche, nous avons pu voir et lire (non sans déplaisir et énervement) de nombreux documents scientologues, notamment des cours gratuits accessibles facilement. Nous avons demandé à un professeur en sciences humaines d’en analyser un, « l’éthique » :

BIENVENUE

Vous êtes maintenant inscrit au cours et vous allez bientôt commencer la première étape d’un apprentissage passionnant et pratique. Ce cours vous fournira des outils efficaces à utiliser dans votre vie.

Il est organisé sous forme d’étapes et comprend une série de textes à lire et d’exercices à faire. Et puisque le cours se trouve dans votre compte personnel, vous pouvez vous connecter à tout moment afin de continuer vos exercices et de le terminer.

La personne qui passera en revue vos exercices est appelée un « superviseur ». C’est un ministre volontaire formé et expérimenté qui vous aidera à comprendre ce que vous étudiez afin que vous puissiez l’appliquer.

REMARQUE IMPORTANTE

En étudiant ce cours, faites très attention de ne jamais aller au-delà d’un mot que vous ne comprenez pas pleinement. La seule raison pour laquelle une personne abandonne l’étude d’un sujet, sombre dans la confusion ou devient incapable d’apprendre est qu’elle a poursuivi sa lecture au-delà d’un mot qu’elle n’avait pas compris.

La confusion ou l’incapacité à saisir ou à apprendre surviennent APRÈS un mot que vous n’avez pas défini ni compris. Il se peut que ce ne soient pas uniquement les mots nouveaux ou inhabituels qu’il vous faille chercher dans le dictionnaire. Certains mots courants se révèlent souvent mal définis et engendrent ainsi de la confusion.

Effectivement, il est nécessaire de bien comprendre les mots du texte pour le saisir en son entier. Ce qui est étonnant en revanche, c’est que l’auteur insiste pour que le lecteur n’aille pas plus loin quand il bute sur un mot ou qu’il sent qu’il n’a pas compris un passage. Or, quand on a un document qui se présente lui-même comme compliqué, il vaut mieux faire une première lecture globale avant d’effectuer une lecture plus approfondie. L’idée de cette première lecture consiste à appréhender le paysage global avant de le pénétrer. Pourquoi refuser cette première lecture préliminaire ? Parce que le lecteur, d’entrée de jeu, serait plus difficile à duper puisqu’il aurait adopté, lors de sa lecture approfondie, une vision globale. Le conseil que nous pouvons vous donner est le suivant : si vous avez des textes comme celui-ci à aborder, commencer à le survoler avant de l’étudier attentivement.

 

Cette donnée selon laquelle on ne devrait jamais aller au-delà d’un mot qu’on est incapable de définir est la chose la plus importante à savoir dans le domaine de l’étude. Dans chaque sujet que vous avez commencé à étudier puis que vous avez abandonné, vous trouverez des mots que vous n’avez pas définis.

Par conséquent, en suivant ce cours, assurez-vous absolument de ne jamais continuer au-delà d’un mot que vous ne comprenez pas complètement. Si le texte vous semble soudain confus ou difficile à saisir, il y a un mot juste avant ce passage que vous n’aurez pas compris. N’allez pas plus loin, retournez AVANT le passage qui vous a paru difficile, trouvez le mot mal compris et obtenez sa définition.

Pour aider le lecteur, un glossaire du cours figure sur le menu, en haut de la page du cours.

 

Toujours prendre soin de maîtriser les mots pour bien comprendre un texte, c’est tout à fait exact. Quand vous avez un texte compliqué (scientifique, philosophique, théologique… ), il y a tout une série de termes qui demandent à être apprivoisée. Pour cela, rien de plus simple, utilisez un dictionnaire (un dictionnaire classique ou spécialisé selon la discipline ou la thématique que vous abordez). Mais là où apparaît le premier grand problème, c’est que le dictionnaire nécessaire à ce texte vous ait donné par l’église scientologique, soit par le lexique joint au cours, ou alors en demandant à un « initié ». Car si vous recherchez la signification des mots de ce texte dans un simple dictionnaire, vous ne pourrez que vous perdre. Laisser votre Larousse ou votre Robert de côté, désormais seul le lexique scientologique compte. Autrement dit, les fameuses définitions que vous devez connaître pour comprendre ce texte seront autant d’occasions de parler, et donc de penser, comme un scientologue. Il s’agit là de la première étape de sa propre assimilation dans un groupe fermé (la scientologie) tout en s’excluant d’un autre groupe ouvert (la société). C’est pour cela que l’auteur insiste pour que vous renouveliez votre apprentissage du lexique, c’est une méthode de bourrage de crâne, et donc de manipulation. Vous devenez à la fois le manipulateur et le manipulé. Les définitions que vous apprendrez vous éloigneront peu à peu du langage commun, et cela vous donnera l’impression d’être en décalage avec vos amis et vos proches, et donc de vous rapprocher de la secte. Le meilleur exemple, et c’est ce que nous allons voir à travers ce cours, est la définition du mot « éthique ».

 

« LES FONDEMENTS DE L’ÉTHIQUE »

 

À travers les âges, l’Homme s’est débattu avec les sujets du bien et du mal, de l’éthique et de la justice.

D’entrée de jeu, on rentre dans le propos avec des généralités invérifiables et infondées.  Mais passons…

 

Le dictionnaire définit le mot éthique comme « l’étude de la nature générale de la morale et des choix moraux spécifiques que doit faire l’individu dans ses relations avec autrui ».

Quand on cite un autre texte, comme l’article d’un dictionnaire, la moindre des choses est de citer ses sources. De plus, la définition proposée n’est pas la seule définition possible que l’on peut trouver dans un dictionnaire. Pour preuve, si on ouvre le premier dictionnaire qui vient, le Petit Robert, je trouve ceci :

« étymologie : bas latin ethica, grec êthikos, êthikê, de êthos « mœurs ». 1. Philos. Science et théorie de la morale. 2. Didact. Ensemble des valeurs, des règles morales propre à un milieu, une culture, un groupe. 3. Qui concerne la morale »

 La définition citée par l’auteur correspondrait au 1.Philos. de l’étiquette que nous venons de citer, omettant deux autres sens, proches certes, mais qui n’appartiennent pas à « l’étude » proprement dite. Si on s’en tient à la définition antique générale, le mot désigne l’art de bien diriger sa conduite. Dans l’antiquité, il y avait l’idée dominante de l’harmonie, de s’ajuster à soi-même, à la cité et à l’univers tout entier, et cette harmonie demandait à ce que l’on adopte un mode de vie, qu’on réfléchisse à ses fins (des buts et objectifs) à des moyens de les mettre en œuvre. C’est cela qu’on nommait « éthique », l’ajustement, ou l’étude des fins, le bonheur, les moyens de parvenir à cette fin qu’est le bonheur, etc… Il faudrait aussi citer le moyen-âge, ce que les religions ont apportés, ou encore les Lumières, les époques modernes puis contemporaines, mais nous reprendrons ce propos quand l’auteur présentera son faux « historique » de l’éthique.

 

Le même dictionnaire définit la justice comme la « conformité au droit moral, à la raison, à la vérité ou aux faits » ou bien comme la « mise en vigueur de la loi ou son application ».

Comme on peut le voir, ces termes ont été confondus.

 « Comme on peut le voir », ou ça ? Les deux définitions montrent clairement qu’Ethique et Justice ne se confondent pas, bien que l’une et l’autre soient liées. La première définition met en avant l’étude de la morale, l’autre, la justice, parle de conformité à la morale et de sa mise en vigueur. Etude, conformité et mise en vigueur ne se confondent pas. De quelle confusion parlons-nous ici ? L’auteur nous parle d’une confusion sans précision aucune, comme s’il nous sortait un lapin du chapeau.

 

Toutes les philosophies, [commentateur : Parle-t-on de la philosophie ou des philosophies ? Car la suite du texte, notamment la partie nommée « historique », peut porter à confusion. Nous y reviendrons.], depuis des temps immémoriaux, se sont préoccupés de ces sujets, mais aucune ne les a résolus.

Sans vouloir nous montrer irrespectueux, on frise le ridicule. L’auteur nous dit que les philosophes n’ont jamais rien résolu. Mais d’ailleurs résoudre quoi ? L’éthique consiste à interroger la conduite humaine, conduite d’un homme dans un lieu, une époque et dans un contexte précis. Soit nous sommes dans la vieille idée antique de l’harmonie, ou alors, comme aujourd’hui, nous sommes en quête d’un certain sens dans ce chaos qu’est le monde (nous caricaturons un peu, mais il nous faudrait tout un livre si nous voulions être plus précis). Quand nous rencontrons des problèmes éthiques, nous nous retrouvons dans la difficulté suivante : comment poser des règles universelles, si toutefois des lois universelles sont possibles, sur des évènements et des sujets particuliers ? On ne répond pas à ces questions comme on résoudrait un théorème, ce serait absurde. Autrement dit, on peut proposer des solutions relatives, mais il ne sera jamais question de résolution. Et quand bien même il serait question de « résoudre » un problème, cette résolution ne serait pas définitive. Il n’y a donc rien à résoudre sur ces sujets. C’est là la différence entre l’homme et la machine : l’homme peut réfléchir son action et sa conduite (avant ou après l’action) à l’inverse d’une machine qui obéit à des schémas prédéfinis. La machine doit résoudre des opérations pour bien fonctionner, mais en est-il de même pour l’homme ? Si l’homme peut trouver des solutions définitives qui détermineront son comportement, n’est-ce pas là la fin de la liberté, de la robotisation de l’humanité ? La scientologie prétend détenir des solutions définitives, c’est ce que dit le texte, réfléchissez à ce que cela implique selon, par exemple, l’illustration de l’homme et de la machine que nous venons d’exposer.

Le fait qu’ils aient été résolus en Dianétique et en Scientologie [commentateur : c’est écrit noir sur blanc : la scientologie prétend résoudre, donc apporter des solutions définitives (voir les dernières notes du paragraphe précédent)] représente une percée d’envergure. La solution reposait d’abord dans leur distinction : à partir de là, une technologie utilisable a pu être développée pour chacun d’eux

Avons-nous bien lu ? On part d’une question philosophique, celle de l’éthique et de la justice, afin d’évoquer une « résolution » par une distinction définitionnelle qui permet la création d’une technologie ? C’est n’importe quoi ! C’est comme si nous disions : « Si nous distinguons des concepts tels que le Dasein de Heidegger et le Surhomme de Nietzche, alors nous pourrons créer un nouveau type de micro-ondes ». Ça ne veut rien dire. Essayons donc de comprendre ce qu’ils veulent dire (bien que cela ne veuille rien dire). Par technologie, les scientologues entendent souvent techniques, confusion sans doute délibérée pour que les lecteurs se perdent encore plus. Nous pensons que, dans ce contexte, ils veulent parler de « techniques » et non de « technologie ».  Mais là encore, le cheminement est tout aussi absurde avec tant de raccourcis. Nous voulons bien qu’on cherche à joindre des exercices spirituels à des théories, ce que l’on faisait dans l’antiquité, mais nous ne voyons toujours pas en quoi on formera une pratique à partir d’une simple distinction sémantique, à moins de préciser cette distinction (ce qui n’est pas le cas ici). L’éthique ou la justice ne sont ni des données, ni des sciences exactes ! Pourtant, l’auteur semble traiter ces deux notions comme telles, ce qui est une posture extrêmement dangereuse.

 

L’éthique se compose simplement des mesures que l’individu prend envers lui-même. C’est une chose personnelle. Celui qui est éthique ou « a son éthique en place » le fait lui-même, de sa propre détermination

L’éthique est une « chose  personnelle » ?!?! « Celui qui est éthique », « avoir son éthique en place » ?!?

Remettons les choses en ordre : l’auteur sort une définition d’un dico [éthique= étude de la nature générale de la morale] ; il cite ensuite une définition de la justice [=conformité à la moralité et mise en vigueur de la loi] ; il parle d’une confusion entre ces deux termes, confusion qui n’a d’ailleurs pas lieu d’être ; ensuite il annonce la création d’une technologie par la distinction de ces deux termes ; l’éthique est désormais « une chose » ou un état (« avoir son éthique en place ») ! On passe d’un questionnement sémantique et logique à une création technologique ou à la mise en place d’une technique qui transforme l’éthique en une chose à avoir ? Nous avons bien trop de politesse pour pouvoir exprimer en toute franchise ce que nous pensons d’un tel « raisonnement », si toutefois on peut parler de raisonnement, mais le lecteur comprendra de lui-même, nous l’espérons, le n’importe quoi de ce cours. Un scientologue nous dirait sans doute « monsieur, il me paraît clair que vous n’avez absolument rien compris à ce cours au vu de vos commentaires », nous lui répondrions « oui, effectivement, je n’ai rien compris, car il n’y a rien à comprendre ! » Nous rappelons que ce texte est censé être un cours (pour débutant qui plus est), et qu’un cours a pour visée d’être clair, pédagogique. Tout est fait, dans ces quelques paragraphes, pour noyer le lecteur, pour qu’il se perde, qu’il se sente bête.

 

La justice est constituée par les mesures prises par le groupe envers l’individu quand ce dernier ne parvient pas à prendre ces mesures lui-même.

Reprenons ces deux définitions scientologiques de l’éthique et de la justice.  L’éthique, selon eux, c’est le comportement personnel déterminé par l’individu, alors que la justice c’est le comportement personnel déterminé par un groupe. En gros, l’éthique serait une justice personnelle, et la justice une éthique collective. Pourquoi pas, on pourrait même en bidouillant un peu trouver des analogies avec d’autres doctrines religieuses ou philosophiques. Mais rappelons-nous ce qui est dit plus haut : l’éthique est une chose à avoir, elle est une chose qui a été résolue par la scientologie et qui a donné lieu à des technologies que seuls les scientologues possèdent. Autrement dit, on se détermine seul, certes, mais selon des schèmes imposés par ceux (les scientologues) qui ont la solution définitive (donc exclusive) de l’éthique ainsi que les techniques pour l’avoir. L’individu se détermine selon des critères, des données, des mesures qui lui sont extérieurs, donc qui ne viennent pas de lui. C’est comme un PC, votre ordinateur installe automatiquement le logiciel, mais uniquement parce que c’est vous qui le lui aviez demandé selon un logiciel et un installateur programmé par quelqu’un d’autre.

Il y a un mot qui est ici à mes yeux très intéressant : il s’agit du mot « mesure ». Mesure peut s’entendre au sens de la détermination de la taille, du poids (…) d’un objet, ou pourquoi pas d’une donnée (comme des mesures sociologiques) ; on peut comprendre le mot « mesure » au sens de la « juste mesure » comme dans les textes d’Aristote ; mais on peut aussi comprendre « mesure » au sens de «prendre des mesures » dans un cadre autoritaire. Du coup, voilà comment nous traduirions ce que nous venons de lire, au regard de ce terme particulier et de ce que nous avons déjà commenté :

« L’éthique », selon la scientologie, consiste à s’autodéterminer, à devenir son propre dictateur.

La justice consiste à déterminer l’autre, si ce dernier n’est pas capable de s’auto-diriger selon les critères qu’on lui a imposés. Nous n’utilisons pas le verbe « déterminer » au hasard, nous citons le texte. Si je ne suis pas capable de me déterminer à partir de lois qui me sont extérieures, je suis déterminé par un groupe qui fera pression sur moi. Cela nous rappelle une vieille idée antique qui justifiait l’esclavage : on peut réduire un homme en esclavage si ce dernier n’est pas capable par lui-même de se diriger. En gros, on ne lui a pas retiré sa liberté, c’est lui qui n’est pas capable d’être libre, alors on l’aide en le déterminant.

Se donner sa propre loi, ça s’appelle l’autonomie. Or, ces fameuses lois scientologues sont données hors de moi, par autre que moi. Ce n’est plus de l’autonomie, c’est de l’hétéronomie. Plutôt que de dire, comme devrait le faire tout bon pédagogue « si tu ne sais pas être autonome, je vais t’aider à le devenir », le scientologue dirait « si tu ne sais pas être autonome, alors je vais te dicter ta conduite ». Évidemment, selon la scientologie, personne ne peut être autonome et éthique s’il ne connait pas les solutions scientologiques, mais alors même il n’est plus autonome, mais hétéronome, obéissant à une loi extérieure. Paradoxe donc qui rend indispensable ce qu’ils appellent « justice », soit la pression du groupe sur l’individu.

On a là un exemple flagrant de pensée sectaire et totalitaire : si l’individu n’est pas conforme aux règles, aux mesures que l’on a fixées, ni à la pensée que l’on impose, s’il ne se conduit par selon un certain modèle, alors on le redresse par l’autorité que l’on nomme « justice ».

HISTORIQUE

 

Ces sujets sont en fait le fondement de toute philosophie. Mais quand on étudie l’histoire de la philosophie, il apparaît clairement qu’ils ont longtemps déconcerté les philosophes.

« Déconcerté » ? Si par là on doit comprendre « dérangé » ou « étonné » le philosophe, alors tout sujet philosophique étonne et dérange le philosophe, car c’est là la première attitude du penseur : l’étonnement. On ne s’interroge pas sur quelque chose de non déconcertant. Pour citer un certain Jankélévitch (philosophe français du XXe siècle) : philosopher « revient à se comporter à l’égard de l’univers et de la vie comme si rien n’allait de soi » (La mauvaise conscience). Avec la phrase, « il apparaît clairement qu’ils ont longtemps déconcerté les philosophes », on a là ce qu’on pourrais appeler une formule sensationnelle, un peu comme de la mauvaise presse people [« Drame de Johnny Halliday, il a perdu ses lunettes de soleil »]. C’est une façon de faire tenir son lecteur en haleine, et c’est tout sauf sérieux.

 

Les premiers disciples de Pythagore (philosophe grec du sixième siècle av. J.-C), tentèrent d’appliquer leurs théories mathématiques au sujet de la conduite humaine et de l’éthique.

Dire que Pythagore et ses disciples « tentèrent d’appliquer leurs théories mathématiques au sujet de la conduite humaine et de l’éthique » mériterait plus de détails. Il y a bien une doctrine des nombres, mais, bien que philosophique et passionnante, il faudrait plutôt parler de croyances, si ce n’est de sectes quand nous parlons du pythagorisme. Pythagore se présentait, en effet, comme la réincarnation d’un dieu. Soit dit en passant, et pour ceux que cela intéresse, nous vous conseillons de vous documenter sur la question de Pythagore et vous aurez l’occasion de remarquer quelques points communs entre la scientologie et le pythagorisme (le génie de Pythagore en moins).

 

Un peu plus tard, Socrate (philosophe grec et prédicateur [personne qui enseigne, propage une philosophie, etc.] 470 ?-399 av. J.-C.) s’attaqua à la question.

Socrate, à ce que l’on sait, n’a jamais rien enseigné directement, en tout cas pas d’après l’idée qu’on aurait de l’enseignement aujourd’hui, et si c’est le cas, il est difficile aujourd’hui de démêler les possibles enseignements de Socrate des dialogues de Platon (Socrate n’a jamais rien écrit). Ce que l’on sait, c’est que Socrate combattait les sophistes. Platon, son disciple, en fera de même, notamment dans la critique du marchandage du savoir que proposent les sophistes. Socrate ne « s’attaque » pas personnellement et directement à des questions, il serait plutôt la perspective d’un dialogue avec autrui dans la visée de les acheminer vers la vérité, une vérité qu’ils doivent retrouver par eux-mêmes comme on aiderait un malvoyant à mieux voir (en lui donnant des indications sur ce qu’il l’entoure, ou en lui donnant des lunettes). La mère de Socrate était sage-femme ; si sa mère est accoucheuse de corps, Socrate serait plutôt un accoucheur d’âme.

 

Il démontra comment tous ceux qui prétendaient montrer aux gens comment vivre étaient eux-mêmes incapables de défendre leurs propres idées ou même de définir les termes qu’ils utilisaient.

 On aurait besoin d’un Socrate pour dialoguer avec les scientologues et leur faire comprendre qu’ils sont « incapables de défendre leurs propres idées ou même de définir les termes qu’ils utilisaient ». Peut-être est-ce pour cela que Socrate et l’attitude qu’il incarne doivent être discrédités dans ce présent cours scientologique.

Il avança qu’il fallait savoir ce que sont le courage, la justice, la loi et le gouvernement pour pouvoir être brave, un bon citoyen ou un dirigeant bon ou juste. Tout cela était bien, mais il refusa par la suite de fournir des définitions. Il déclara que tout péché était ignorance, mais ne fit pas ce qu’il fallait pour tirer l’Homme de son ignorance.

C’est bien caricatural tout cela. Alors, sur le fait que Socrate ne donne jamais de réponse claire, il faut dire ceci : Socrate est lui-même ignorant, il ne prétend pas être dépositaire d’une quelconque vérité. Sa démarche consiste à « accoucher les esprits » et non pas à endoctriner les esprits. Il s’agit de faire comprendre à son interlocuteur qu’il est ignorant sur le sujet qu’il croit pourtant maîtriser et donc, par là même, de l’inviter à se perfectionner, à prendre du recul, d’abandonner les préjugés. Socrate ne donne pas de définition tout simplement parce que c’est au particulier de les retrouver par lui-même. Encore aujourd’hui, un bon professeur est celui qui cherche à ce que l’élève trouve la solution par lui-même, c’est le meilleur moyen qu’une connaissance soit acquise. Si nous vous faisons apprendre un théorème par chœur, vous pourrez me le réciter parfaitement mais vous ne saurez pas forcément l’utiliser sur des exemples précis. Or, si nous partons d’exemples précis et que, vous donnant quelque directions, vous trouvez le théorème par vous-même, vous serez vraiment en mesure de le maitriser. C’est pour cela, aussi, que Socrate combat les sophistes qui, pour certains, imposent des définitions sans autres explications.

Enfin, nous voulons remarquer que du Socrate historique nous ne savons rien, ou très peu. Nous savons qu’il a existé, qu’il s’est engagé dans la politique, qu’il était bon soldat, grand athlète, qu’il était laid et qu’il a été condamné à mort. Par contre, savoir précisément à partir des dialogues de Platon ce qui relève du maître ou de l’élève est très difficile. L’auteur de ce présent texte fait comme s’il était aisé de distinguer l’un et l’autre.

 

Un disciple de Socrate du nom de Platon (philosophe grec, 427 ?-347 av. J.-C.), adhéra aux théories de son maître rien mais soutint que ces définitions ne pouvaient être obtenues que par la raison pure.

Platon ne soutint rien, du moins pas directement. De plus, quels sont ses sources, ne peut-il pas donner quelques références ? Encore faut-il qu’il ait lu les dialogues, nous en doutons.

 

Cela signifiait qu’il fallait se couper de la vie et s’isoler dans quelque tour d’ivoire pour parvenir à trouver les solutions de la vie, ce qui n’était pas très utile à l’homme de la rue.

Ah bon, il a dit ça ? Une référence s’il vous plait ! L’auteur aurait bien du mal à en trouver une qui confirmerait ses dires. Alors nous allons vous donner une référence qui contredit ces propos : « À moins, repris-je, que les philosophes ne deviennent rois » (République, V, 473d), Socrate présente ici le philosophe comme le plus apte à diriger une cité. Nous sommes bien loin de l’image du philosophe isolé et reclus dans sa tour d’ivoire. Le philosophe dans les dialogues de Platon est aussi un homme d’action, peut-être même le meilleur des hommes d’action, car il est le plus sage à prendre des décisions.

Si l’auteur parle d’un philosophe isolé, c’est sans doute qu’il a très mal compris l’éloignement du monde sensible. Dans les dialogues, les connaissances sont accessibles dans la remémoration d’un monde suprasensible, pour cela le philosophe doit se refuser à l’illusion du sensible. Nous n’allons pas aller plus loin afin d’éviter de trop complexifier l’exposé, mais nous croyons que cette très mauvaise lecture de Platon viendra de cette théorie de la connaissance qui ne suppose en rien un isolement d’ermite du philosophe.

 

Aristote (philosophe grec, 384-322 av. J.-C.) s’intéressa aussi à l’éthique. Il expliqua les comportements non éthiques en disant que les désirs de l’Homme l’emportaient sur sa faculté de raisonnement.

L’éthique d’Aristote résumé en une phrase ! Pas de commentaire.

 

Et cette chaîne se perpétua à travers les âges. L’un après l’autre, chaque philosophe essaya de résoudre les questions de l’éthique et de la justice

Encore une fois, des questionnements et des problématiques philosophiques nous sont présentés comme des théorèmes à « résoudre ».

 

Malheureusement, jusqu’à présent, aucune solution pratique n’a vu le jour, comme le prouve le déclin du niveau d’éthique dans la société

Un « niveau d’éthique » ? D’abord la scientologie nous présente l’éthique comme une chose, désormais comme quelque chose que l’on peut mesurer ! On ne mesure par l’éthique, pourquoi ne pas mesurer la théologie, la métaphysique, les romans d’aventures, la chimie, le doute, l’espoir…

C’est incroyable, « l’historique » s’étale sur à peine deux siècles dans l’antiquité, puis point final le reste n’a plus d’importance ! Nous ignorions que la philosophie s’arrêtait à Pythagore, Socrate, Platon et Aristote. Pourquoi ne pas parler des épicuriens par exemple, des stoïciens, des scholastiques, de Montaigne, de Spinoza, de Pascal, des Lumières, de Rousseau, de Descartes, de Kant, de Hegel, de Nietzsche…. Et nous en passons tellement. Je ne dis qu’il aurait fallu parler de tous ces penseurs, mais la moindre des choses aurait été au moins de prendre quelques exemple pour chaque période : antique, médiévale, moderne et contemporaine.

2700 ans de philosophie disparus !

 

Donc, vous voyez que ce n’est pas une petite percée qui a été faite dans ce sujet. Nous avons défini les termes que Socrate n’avait pas définis et nous disposons d’une technologie efficace que chacun peut utiliser pour se sortir de la boue. Les lois naturelles sous-jacentes du sujet ont été découvertes et mises à la disposition de tous.

On n’en crois pas nos yeux. On a là un historique inexact, minuscule, et on conclut à la défaite de la philosophie, plus particulièrement à la défaite de Socrate ? De plus, l’auteur de ce texte n’a de toute évidence lu aucun dialogue, ou alors très mal lu. En gros, « Socrate est nul, nous, nous sommes meilleurs !!! ».

Soulignons que c’est intéressant d’avoir ciblé Socrate précisément dans cette figure de la défaite de la philosophie. Socrate qui combat les sophistes, les faux savants, lui qui appelle autrui à trouver les réponses par lui-même. De plus, l’une des critiques récurrentes dans les dialogues de Platon vis-à-vis des sophistes (des prédicateurs), c’est le coût des enseignements. En effet, il y a condamnation de toute forme de profit par l’enseignement de connaissances. Intéressant quand on sait combien on doit débourser pour continuer son initiation en scientologie. Encore une raison, peut-être, de chercher à disqualifier Socrate et la philosophie. Posons-nous cette question : quel est l’intérêt pour l’auteur de ces derniers paragraphes ? Il s’agit d’inciter les lecteurs à ne pas s’intéresser à la philosophie, à ne pas lire les grands penseurs, à ne pas adopter un esprit critique. L’esprit critique est le vaccin contre la scientologie, et généralement contre toute secte, et en cela la disqualification de la philosophie est primordiale. Un bon scientologue ne doit pas lire du Platon, pire, il ne doit surtout pas lire du Nietzsche. En ce qui nous concerne, si vous ne devez lire qu’un seul ouvrage philosophique dans l’optique de vous vacciner contre les sectes et les faux prophètes, je vous conseille Le crépuscule des Idoles, de Nietzche.

 

L’ETHIQUE

 

L’Homme a un sens tellement inné de l’éthique que lorsqu’il s’écarte du droit chemin, il cherche toujours à remédier à son propre manque d’éthique

Oui, encore faudrait-il qu’on explique au lecteur ce qu’on entend par inné, s’il s’agit par exemple de l’innéisme (=avant toute expérience, je dispose déjà de connaissance, ou de certaines capacités comme la discrimination du juste et de l’injuste. C’est une doctrine qui pose beaucoup de problème, même aujourd’hui).

De plus, on remarque qu’il serait question, d’après cette phrase, d’un homme bon par nature.

Il sait qu’il a un point faible concernant son éthique au moment même où il commence à l’avoir. Dès lors, il tente de mettre son éthique en place et dans la mesure où il peut envisager des concepts de survie à long terme, il se peut qu’il y parvienne, bien qu’il ne possède pas la vraie technologie de l’éthique.

« Son éthique », voilà que l’on place un pronom possessif devant le mot « éthique ». De toute évidence, il nous faut invoquer la définition de l’éthique scientologue que nous avons vu plus haut : l’éthique, pour le scientologue, est la capacité à s’autodéterminer. Nous pensons que l’on peut, dès à présent, pour faciliter la lecture et éviter les amalgames, comprendre l’ « éthique » dans ce texte par « autodétermination ». Amusez-vous à lire le texte en remplaçant ce terme par autodétermination et vous verrez que cela fonctionne très bien.

Faisons l’essai dès à présent, traduisons clairement le paragraphe avec ce synonyme et en reformulant comme il se doit : « L’individu sait qu’il a un point faible concernant sa capacité à s’autodéterminer, au moment même où il commence à essayer de s’autodéterminer. Dès lors, il tente de se déterminer correctement et dans la mesure où il peut envisager sa propre survie à long terme, il se peut qu’il y parvienne, bien qu’il ne possède pas les techniques de détermination des scientologues ». Certes, nous avons pris de la liberté dans la reformulation du texte, et oui, on peut du coup nous accuser d’en changer le sens. Mais nous vous invitons à lire et à réfléchir attentivement, vous verrez que cette proposition fonctionne parfaitement en plus de clarifier des propos bien souvent confus. De plus, nous verrons par ce procédé les véritables mécanismes terrifiants de la scientologie.

 

Bien trop souvent, cependant, la banque [commentateur : Banque ? De toute évidence, ce mot a été placé sciemment pour obligé le lecteur à lire et à relire un même passage. Cela a plusieurs conséquences : ça éveille sa curiosité et en même temps ça révèle son ignorance des concepts de la scientologie. Dans sa frustration, il va essayer de comprendre, soit il va trouver une solution tordue et donc rentrer dans des logiques abracadabrantes (donc illogiques) ou il va demander de l’aide au maître, au scientologue afin d’être initié. Appelons ça un « concept WTF », une façon de dire qu’il n’y a rien à comprendre si ce n’est l’appât lancé au lecteur] est déclenchée par une situation non éthique, et si l’individu n’a pas de technologie pour y remédier de façon analytique (rationnelle), sa « solution » est de croire ou prétendre qu’on lui a fait quelque chose qui a entraîné ou justifié son action non éthique, et c’est à ce moment-là qu’il commence à descendre la pente [Comprenons par là que l’individu se laisse trop influencer par l’extérieur, ou du moins impute son comportement, notamment ses erreurs, à l’extérieur. L’éthique, l’auto-programmation donc, consiste à se couper de l’extérieur, tout vient de soi et rien de l’extérieur. Il y a là deux conséquences : la culpabilisation, et la fermeture au reste du monde. De plus, l’idée d’imputer une erreur à autre chose que soi est un réflexe basique, tout le monde a déjà fait ça, trouver des justifications extérieures. C’est humain. Autrement dit, selon ce qu’on vient de lire, on descend tous la pente].

Une fois bien engagé sur cette pente, sans les bases de la technologie de l’éthique, il n’a aucun moyen de remonter et il s’effondre alors de lui-même, délibérément [on voit bien ici l’intérêt de la « technologie ». Il s’agit du Saint Graal en quelque sorte, de l’objet ou de la solution qui ne peut être en votre position et que vous devez trouver en vous initiant à la scientologie. C’est très marketing : « vous avez des boutons sur le nez, nous avons la pommade miracle, mais pour cela vous devez prendre votre carte membres des laboratoires Bidules et payer tous les mois la produit conçu par notre technologie ». On cherche d’abord à rendre indispensable le besoin, à créer le problème, puis on propose le remède miracle.]. Même s’il existe de nombreuses complexités dans sa vie, même si d’autres personnes œuvrent à sa ruine, l’origine de cette dégringolade est son ignorance de la technologie de l’éthique.

Cette technologie est essentiellement l’un des premiers outils à utiliser pour s’extraire des sables mouvants [logique marketing des émissions « télé achats ». Il n’y a pas plus de réflexion philosophique ici qu’il n’y a de foie gras dans les croquettes de mon chat.].

 

LA NATURE FONDAMENTALE DE L’HOMME

Même le pire des criminels cherchera d’une façon ou d’une autre à mettre son éthique en place.

Cela explique pourquoi Hitler invita le monde à détruire l’Allemagne [Point Godwin]. Avant septembre 1939, avant même d’avoir déclaré la guerre, il l’avait déjà gagnée. Les alliés lui donnaient tout ce qu’il voulait ; il possédait l’une des meilleures organisations d’espionnage qui ait jamais existé ; grâce à lui, l’Allemagne était bien partie pour récupérer ses colonies, et là-dessus, l’imbécile déclara la guerre ! Il s’effondra totalement et fit s’effondrer l’Allemagne avec lui. Son intelligence allait à une vitesse folle dans une direction et son sens inné de l’éthique le faisait s’effondrer à une vitesse folle dans l’autre [Euh, non ! L’histoire est totalement réécrite là !].

L’individu qui ne possède aucune technologie de l’éthique n’est capable ni de s’imposer une éthique [« s’imposer », terme intéressant qui confirme une fois de plus la compréhension de l’éthique par auto-programmation], ni de s’empêcher de commettre des actes antisurvie, et donc il s’effondre. Il ne s’en sortira que s’il acquiert la technologie fondamentale de l’éthique et s’il l’applique à lui-même et aux autres [« et aux autres », désormais il n’est plus seulement question de se « soigner » via la technologie en question, mais aussi de « soigner » les autres. Nous sommes déjà dans une logique de prêcheur]. Il se peut que cela ne soit pas tout à fait à son goût au début, mais quand on est en train de mourir de la malaria, on ne se plaint généralement pas du goût de la quinine ; on ne l’aime peut-être pas, mais on la boit, c’est sûr [Traduction : « obéis ou crève »].

 

LA JUSTICE

Quand l’individu ne réussit pas à mettre son éthique personnelle en place, le groupe prend des mesures à son encontre [« à son encontre », une façon de justifier toute forme de manipulation, tous les moyens sont bons pour remettre dans le droit chemin une âme perdue], et c’est ce qu’on appelle la justice [on peut traduire « justice » par « endoctrinement»].

J’ai constaté que l’on ne peut pas faire confiance à l’Homme [toujours le H majuscule, erreur de débutant] en ce qui concerne la justice [évidemment, qui se laisserait diriger « à son encontre »]. En vérité, on ne peut pas lui faire confiance avec tout ce qui concerne la « punition ». Avec elle, il ne cherche pas réellement à établir la discipline, il engendre l’injustice. Il dramatise sa propre inaptitude à mettre son éthique en place en s’efforçant d’obtenir que les autres mettent la leur en place : je vous invite à regarder cette chose risible qu’on qualifie de « justice » dans notre société actuelle [logique de l’inversion : la justice, la vraie, devient injustice et la justice scientologique, le droit à l’endoctrinement donc, devient justice. C’est d’autant plus vicieux que plus la justice condamne la scientologie, et plus elle la justifie en quelque sorte, si on suit la logique de cette dernière phrase].

De nombreux gouvernements sont si susceptibles quant à leur droit divin [on ne savais pas qu’on était toujours en monarchie !] en matière de justice qu’à peine ouvre-t-on la bouche, ils se livrent déjà à des accès de violence incontrôlés. En maints endroits, se retrouver dans les mains de la police est une catastrophe en soi, même lorsqu’on n’est qu’un simple plaignant, et à plus forte raison l’accusé. Par conséquent, l’agitation sociale est à son comble dans de tels secteurs.

Lorsque la technologie de l’éthique n’est pas connue, la justice devient une fin en soi. Et cela dégénère tout simplement en sadisme et en cruauté malsaine [Autrement dit, voilà ce que l’auteur veut dire : si on n’a pas la technologie pour se reprogrammer, on obéit aveuglément aux lois, à la justice classique, et on est alors soumis, endoctriné. En gros, la société et sa justice sont une secte, et seule la scientologie rend libre. Encore une fois, c’est là un véritable renversement, antisocial qui plus est, au sens péjoratif du terme].

 

 

Ce cours d’éthique scientologue n’est pas complet. En effet le commentateur, bien que patient, n’a pas souhaité continuer au delà de ce passage, fatigué, éreinté d’avoir à, nous citons, « commenter ce pipi de chat ». En plus d’être mal écrit, ce texte fou fait des raccourcis, des associations insensées, et fait preuve d’un orgueil, d’une vantardise injustifiée. Rares sont les textes aussi mal construits, aussi peu instruits du sujet dont ils parlent, et dont le vrai objectif est si épouvantablement vicieux : Reformater le cerveau qui le lit.

Comment peuvent-ils tomber dans le piège ? Comment ces adeptes peuvent trouver le moindre intérêt à ces textes si exécrables à tout point de vue ? Sont-ils si idiots, si peu cultivés ? N’ont-ils absolument aucun sens critique ? Après bon nombre de ce genre de lecture, on serait tenté de répondre à l’affirmative, mais se serait oublier le contexte dans lequel sont délivrés ses cours, et qui est bien loin de notre position.

En effet, c’est sans doute dans le contexte que nous pouvons trouver explications à l’adoption de ces textes par les adeptes. L’audition les a fascinés, faussement libérés, et ils ont trouvé là une nouvelle drogue dont l’euphorie est toujours active lorsque sont abordés les cours. Les adeptes ont déjà le cerveau bien lessivé, et ils ont une vision absolument positive de la scientologie, ce qui n’est pas notre cas. Ils pensent réellement qu’elle est capable de changer leur vie contrairement au reste du monde qui ne lui apporté que des soucis. La parole de ces cours est donc religieusement intégrée, même si l’adepte, dans un sursaut de conscience,  peut avoir des doutes sur le bien fondé et la validité de ses textes.  Trop content d’avoir découvert l’ultime solution avec la scientologie, il se plongera volontiers dans le déni

(consciemment ou inconsciemment), son sens critique sera mis au bagne et son intelligence soigneusement renvoyée. Maintenant, seul Ron a la parole. Maintenant, seule la sciento a un discours valable, véridique. Le reste peut être oublié. Il doit même être renié.

Et c’est ainsi, que progressivement, avec du temps , beaucoup d’argent et de ressources dépensées, certains adeptes arrivent jusqu’au niveau OT et intègrent la crème de la crème, l’histoire de Xenu et ces Bodythétans, chose à laquelle ils n’auraient jamais cru fût un temps.

Une réflexion au sujet de « LA GROSSE ANNEXE »

  1. Ping : Joyeux Anniversaire VoX ! |

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