Edito

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L’été est terminé, la canicule loin derrière nous. Mais qu’il fait encore chaud quand on porte un masque. Alors que le climat météorologique se radoucit, le climat social et politique s’alourdit un peu partout sur la planète. Les conflits, les craintes, les espoirs sont différents, s’opposent parfois, mais tout cela est consécutif d’un même sentiment : un profond malaise. Vous-mêmes devez le sentir dans vos tripes, que quelque chose ne tourne pas rond, que dans un climat si lourd l’orage peut vite gronder. Étreints par un tel malaise, plusieurs solutions s’offrent à vous : le repli et l’indifférence, la lutte violente d’un animal enragé qui se débat, ou l’action réfléchie qui tend à comprendre pour construire quelque chose de meilleur. C’est cette dernière visée que nous assumons, contre l’apathie et la violence. Nous pensons que la sensation d’un malaise n’est pas une cause légitime à se battre, car il nous faut avant tout acte identifier un tel malaise, le comprendre, afin d’entrevoir des alternatives.

Parmi tous ces malaises qui nous étouffent, la surveillance (que l’on peut de nos jours nommer l’ultrasurveillance) est de toute évidence l’un des enjeux de ce XXIe siècle. Trapwire, Indect, sont ces systèmes qui, loin de protéger la population, font d’elle une menace potentielle. Avoir un regard constamment sur soi, le sentiment d’être observé même s’il n’y a aucune matière au moindre reproche, tout ceci aboutit à des conséquences dramatiques : le sentiment d’être enfermé, la peur de se comporter de telle ou telle façon dans la crainte de l’interprétation. Cela conduira indubitablement à une norme comportementale, entraînant l’uniformisation de tous.

La sécurité prévaut-elle sur nos libertés ? Là est le malaise, et c’est ce que nous allons développer dans ce numéro. Nous avons voulu casser le cliché qui consiste à rendre ce sujet tabou : il en est, en effet, difficile de condamner les systèmes de surveillance sans être traité de parano. Nous nous éloignerons de tout ça, et nous montrerons au contraire l’extrême banalité de tels dispositifs. C’est pourquoi nous avons aussi choisi de parler de la surveillance en entreprise, surveillance que tout le monde, ou presque, juge légitime. Pourtant, les excès de ces dernières années doivent nous faire tirer la sonnette d’alarme. Par surveillance, nous verrons que les dispositifs les plus vicieux ne sont pas nécessairement technologiques (caméras, systèmes d’écoute…) mais organiques (l’organisation du travail, par exemple, qui pousse l’employé à la délation).

Rien ne légitime que l’on accepte de mettre en suspend sa liberté, ni par des exigences sécuritaires (lutte contre le terrorisme et la criminalité) ni par des exigences économiques. Comprenons-nous bien, par liberté nous entendons le droit à la vie privée et à l’intimité, la reconnaissance de la responsabilité, la libre disposition de son corps, de ses pensées et de ses idées (…).  Nous n’entendons donc pas cette Liberté ontologique  abstraite (avec un L majuscule), mais bien les libertés individuelles concrètes menacées par ces dispositifs qui prennent bien des formes.

À la défense de ces systèmes de surveillance, l’argument que l’on entend le plus souvent dans les médias est le suivant : « ne craignez pas nos dispositifs, si vous n’avez rien à cacher vous n’êtes pas concernés » ; à cela nous voulons citer en réponse le sociologue W. Sofsky : « celui qui croit qu’il n’a rien à cacher a déjà renoncé à sa liberté ».

La surveillance est un sujet très vaste, et il est évident que nous ne pouvons pas tout développer dans ces présentes pages. C’est pourquoi nous vous annonçons la publication, dans les prochains mois, d’un numéro spécial sur la Technosurveillance qui viendra compléter ce numéro-ci.

Toute l’équipe de VoX vous souhaite une bonne lecture

PS : La surveillance étant un sujet très vaste, nous n’avons pas pu tout développer dans ces présentes pages (la surveillance tout spécifiquement liée à la technologie par exemple). Nous tenterons d’y remédier dans le futur.

Clarifications à propos du magazine

VoX est un magazine libre de diffusion et non-officiel. Non-officiel pour la simple raison qu’il n’existe pas et qu’il n’existera pas de discours ou de représentants officiels Anonymous. Ne vous méprenez pas sur le titre, VoX n’est pas la voix d’Anonymous, il n’en existe pas. Nous ne prétendons à aucune légitimité. VoX est l’une des très nombreuses tessitures qui composent le Chœur. Le rôle que nous nous sommes donnés est de présenter au fil de nos numéros ces différentes voix.

Nous essayons de travailler sérieusement, sans non plus trop se prendre au sérieux. Nous pensons que le rire, l’humour et l’autodérision sont fondamentales à l’esprit d’Anonymous, et plus globalement à l’esprit d’internet.

Les membres de l’équipe sont bénévoles, ne retirent aucun bénéfice, de quelques natures que ce soit, dans l’élaboration de ce magazine. Les membres ne se disent pas tous Anonymous, mais nous avons en commun de préserver notre anonymat, tout comme nous nous donnons le devoir de protéger celles des autres.

Comme Anonymous, VoX est apolitique, nous nous refusons à ce que le magazine soit instrumentalisé dans une optique partisane. Nous pourrons condamner des mesures politiques, mais jamais au nom d’un parti ou d’une idéologie.

VoX invite toutes les bonnes volontés à se joindre à l’équipe, mais nous demandons un minimum de compétences afin de donner le meilleur à nos lecteurs. Nous vous invitons aussi à débattre, à critiquer. Pour cela, vous pourrez nous retrouver sur le chan #vox sur Anonops (IRC).

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