Twitter sous la censure

Une nouvelle mesure du gouvernement embrase les réseaux sociaux depuis cette fin de semaine : Fleur Pellerin souhaite donner la possibilité à des associations de faire censurer du contenu jugé illicite sur Twitter.
En effet, afin de répondre à la création de hashtag douteux, plutôt que de les laisser dans l’ombre et s’éteindre d’eux-mêmes comme c’est bien souvent le cas sur ce réseau, notre chère ministre n’a pas trouvé mieux que de mettre la lumière sur ces « mot-dièses » ce qui eut l’effet pervers de les nourrir et les faire perdurer. Il n’en fallut pas plus pour que certains médias en fassent leurs gros titres en jetant en pature l’oiseau…

twitter-censureLa réponse pour contrer ces dérives n’est pas l’utilisation de la loi pourtant suffisament fournie en la matière… Non ! On décide ni plus ni moins de confier un action de censure à des associations (lesquelles ?) pour censurer des contenus dérangeants (lesquels ? sur quels critères ?).

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VoX 4

Et voilà VoX 4 !

Au programme :

  • Anonymous : entre transparence et opacité
  • Histoire de la censure
  • Chroniques de la censure ordinaire
  • Adieu, Internet libre ?
  • #OpBigBrother
  • Annexe WCIT
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Bonne lecture !

WCIT, c’est quoi ?

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« L’UIT [Union Internationale des télécommunications en français ; ITU en anglais] convoquera la Conférence mondiale des télécommunications internationales (CMTI) à Dubaï (Émirats arabes unis), du 3 au 14 décembre 2012. Cette conférence, qui fera date, révisera le Règlement des télécommunications internationales (RTI), en vigueur – traité international ayant force obligatoire et conçu pour faciliter, à l’échelle internationale, l’interconnexion et l’interopérabilité des services d’information et de communication, ainsi que pour en assurer l’efficacité et l’utilité et les mettre largement à la disposition du public. » http://www.itu.int/fr/wcit-12/Pages/default.aspx
Cette conférence va donc revoir la façon dont est régi Internet et qui le contrôle, le règlement des télécommunications étant largement dépassé et nécessitant une réforme. Le futur d’internet s’y joue donc et, déjà, bien que rien ne soit encore décidé à l’heure où est écrit cet article, beaucoup s’alarment de ce qui pourrait s’y décider :
– la mise en place de dispositifs anti-anonymat
– la permission de la censure
– le contrôle international des données relatives à la vie privée.
– la taxation de fournisseurs de contenu en faveur des pays en développement (par exemple YouTube devrait payer au pays en question « son droit de passage » sur Internet dans les conditions optimales qu’on connaît actuellement)
– le contrôle d’Internet par l’ONU et non plus par des association à but non lucratif ou des entreprises privées.
Les trois premières propositions sont évidemment souhaitées par des pays « ennemis d’internet », comme la Russie, la Chine, certains pays arabes et il sont généralement en accord pour que le contrôle revienne à l’ONU, afin qu’ils puissent avoir plus de pouvoir sur les décisions concernant Internet. Concernant la censure, l’anti-anonymat, il y a normalement peu de chance pour que ces propositions soient appliquées, car il doit y avoir consensus et déjà, certaines délégations ont désapprouvé ces projets.
Cette conférence s’attire également les foudres par son absence de transparence et le fait que seuls les états soient invités à la conversation.
Anonymous veille bien évidemment au grain, mais on a pu constater que Google répudie également avec fort fracas la conférence (take action). Google, qui a accepté de censurer son propre moteur sous la pression de la Chine (pression consistant à bouter google hors de chine si l’entreprise n’acceptait pas d’effectuer les censures que le pays souhaitait et donc, en conséquence, Google aurait perdu un maximum de fric) recrute des anti WCIT avec un discours sans nuance ni recherches objectives approfondies : ne soyons pas naïfs, cette envolée « activiste » n’a rien de gratuit, Google a peur de perdre des marchés, d’être taxé, etc. Une histoire de pognon, encore et toujours, rien de plus « noble ».
Affaire à suivre, donc.
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